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Production et applications   

Marais salants

Voici la description d’un marais salant (ou salin) moderne.



Le sel de mer et la méthode agricole
(exemple d'un salin comme celui d'Aigues-Mortes)

Le lieu : Sur les côtes disposant de sols plats et imperméables, subissant un minimum de précipitations pendant les mois chauds afin d'assurer une évaporation maximale.


La méthode : Evaporation de l'eau et cristallisation du sel sous l'action conjuguée du soleil et du vent.


1/ L'eau, pompée depuis la mer, traverse des étangs naturels, les "partènements". Elle circule de bassin en bassin et arrive, saturée en sel, à l'entrée de tables salantes rectangulaires où la cristallisation s'effectue.

 

                                                

2/  La couche de sel -appelée gâteau- qui s'est déposée au fond des tables salantes est récoltée une à deux fois par an. Son épaisseur est de 8 à 15 cm.


3/ A l'aide d'un récolteur, machine constituée d'une large pelle à l'avant d'un tracteur à chenilles, le gâteau de sel est prélevé.



          


4/ Le sel est alors lavé et stocké en tas de 10 à 15 m de haut, les "camelles", afin de diminuer les risques de dissolution en cas de pluie.

5/ Dernière étape, le sel est conditionné en fonction de son utilisation ultérieure.



Les tables salantes, dotées d’un sol compacté, durci et plan comme un court de tennis, de formes géométriques, aux berges généralement garnies de planches, ont une surface au plus égale au dixième de celle du salin. Leur alimentation doit être aussi régulière que possible pour maintenir une composition constante de la saumure et favoriser le dépôt de NaCl et éviter celui des sels magnésiens ou autres. Avant d’y parvenir, l’eau de mer effectue un long circuit au cours duquel elle se concentre jusqu’à devenir saumure saturée.

Appelés aussi surfaces préparatoires, les partènements occupent la plus grande partie de la surface d’un salin. Quand ils sont alimentés en eau de mer, il est nécessaire d’y évaporer environ 90 % du volume pompé. Toutefois, cette proportion peut être plus faible si la matière première disponible est initialement plus concentrée. L’utilisation des saumures de sondages presque saturées, quand elle est possible, permet de travailler sur des surfaces bien moindres. Les partènements sont le plus souvent aménagés en utilisant au mieux la topographie des étangs littoraux. Ces étangs sont endigués et des liaisons entre eux assurées par des ouvrages annexes : vannes ou portes martellières, canaux comportant éventuellement des pompes de reprise à grand débit, mais de faible hauteur de refoulement.

Pendant la période de production, l’eau est pompée à la mer en permanence. Elle traverse successivement tous les partènements, pour parvenir, saturée, à l’entrée des tables salantes. Les mouvements se font par gravité lorsque cela est possible, sinon au moyen de pompes. Sur certains salins, l’implantation des stations de pompage permet de diviser la surface d’évaporation en partènements extérieurs, où s’évaporent les saumures de faible densité, et partènements intérieurs, réservés aux saumures concentrées.

Le salin le plus étendu de la côte méditerranéenne, situé à Salin-de-Giraud, dispose de quelque
10 000 hectares de partènements permettant une production annuelle d’environ un million de tonnes de sel. Le volume de saumures qu’il contient, en permanence, est de l’ordre de 35 millions de m3. Chaque année, jusqu’à 60 millions de m3 d’eau de mer y sont conduits et évaporés.

Les tables salantes, ou cristallisoirs, ont une surface beaucoup plus réduite, puisqu’elle représente moins de 10 % de la surface totale du salin. Contrairement aux partènements, elles doivent être parfaitement dessinées, selon les régles de la géométrie. Leurs sols doivent être nivelés soigneusement et compactés pour permettre une récolte mécanisée sans entraînement de terre avec le sel. Elles sont ceinturées de réseaux de canaux, les couroirs, qui amènent la saumure saturée, et les drains qui évacuent les eaux-mères et les eaux de pluie.

Lorsque la climatologie le permet, ce qui n’est pas le cas en France, le sol des tables salantes peut être constitué d’une épaisse couche de sel, permanente et très dure, appelée contresel. Cette technique permet d’utiliser du matériel de récolte et de transport en dépit de la faible portance des tables salantes ou encore d’augmenter considérablement le poids des engins requis par une mécanisation plus poussée. En outre, on récolte de la sorte un sel où la présence d’insolubles est infime.

Le sel se dépose au fond des tables salantes. Il est récolté en général une, voire deux fois par an, quand l’épaisseur de sa couche est suffisante(de 5 à 20 cm suivant les exploitations et les années).

La récolte du sel s’effectue de plus en plus par des moyens mécaniques importants. Il apparaît souvent nécessaire d’augmenter en conséquence les dimensions des tables salantes dont la surface unitaire dépasse couramment 10 ha sur les salins importants. Les digues ceinturant les tables peuvent être alors transformées en pistes routières facilitant l’accès du matériel et le transport du sel récolté. Toutefois, dans les exploitations de type familial présentes sur le littoral atlantique (France, Portugal), la récolte est manuelle, et souvent quotidienne.

Tous les salins sont composés de partènements et de tables salantes. Les saumures y circulent sous faible épaisseur (quelques dizaines de centimètres). Dans ces conditions, elles risquent une relative dilution en cas de pluie. Là où le climat ne permet pas une production de sel pendant toute l’année, il peut s’avérer nécessaire de protéger les saumures pendant la saison des pluies afin d’éviter que leur concentration ne s’atténue et de préparer, au printemps, la récolte de manière optimale. Dans ce but, certains partènements sont aménagés en bassins de réserve, grâce au rehaussement de leurs digues de protection. Les saumures à sauvegarder y sont stockées, du fait de leur densité, sous une épaisseur d’eau atteignant un, voire plusieurs mètres. Elles reposent parfois sur un lit de sel. Ainsi est-on assuré, malgré les pluies, de disposer d’une saumure saturée en début de campagne.

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