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Production et applications   

Sebkha

Issus des mers ou des lacs géologiques, les gisements de sel gemme (halite) sont nombreux. Certains sont de formation récente (ère quaternaire)ainsi qu’en témoignent les sebkhas des confins sahariens. S’y approvisionnent les azalais, les caravanes du sel. Des plaques de sel chargées à dos de chameau sont, depuis des temps immémoriaux, transportées vers les marchés d’Afrique noire.

On entend par sebkha une dépression plus ou moins vaste au fond de laquelle se sont entassés des sédiments y compris des évaporites. Les recouvrent en surface des efflorescences salines qui ne prouvent pas nécessairement qu’elles contiennent des couches de sel gemme exploitables.

Bien que l’extraction de cette substance minérale se pratique en général à ciel ouvert et que les dépôts de sel ne soient pas très puissants, la sebkha s’apparente plutôt à une mine qu’à un salin naturel. Certains géologues envisagent l’existence de paléolacs holocènes. Celle-ci serait attestée dans la région de Taoudenni, située à environ mille kilomètres de l’océan Atlantique.

On observe dans cette sebkha une alternance de lits d’argile et de halite qui suggère une succession d’inondations et de dessiccations. Les niveaux argileux correspondraient à des périodes de fortes pluies et les couches de sel, à un phénomène de cristallisation survenu au cours des périodes de sécheresse. La sédimentation saline y aurait commencé vers 6500 AC. Pendant tout l’Holocène (la période la plus récente de l’ère quaternaire), le lac de Taoudenni serait resté en eau, sa profondeur variant de 5 à 10 mètres et son étendue maximale étant de 118 km2. Il a connu une sédimentation saline et évolué en sebkha.

Le sel de Taoudenni (ou Agorgott) est exploité depuis le XVIe siècle. Auparavant, l’approvisionnement était assuré à partir de Teghazza, exploitation minière située plus au nord que visita Ibn Battûta en 1352. Il y admira la mosquée et les habitations toutes construites en blocs de sel. L’évaluation des réserves ne peut être qu’approximative. Elles seraient au maximum de 13,5 Mt.

L’exploitation se déroule de la manière suivante. Les mineurs creusent des trous de plusieurs mètres de large. A une certaine profondeur, ils rencontrent une couche de sel blanc, épaisse de 25 à 30 cm. Ils la découpent en blocs de 1,20 m sur 0,40 m qu’ils fendent en deux de manière à obtenir deux barres dont le poids est de l’ordre de 30 kg. Il suffit ensuite de les corder ensemble, leur transport étant assuré à raison de quatre par chameau. Les " expéditions " se font en deux azalais (convois), le premier en hiver, le second au printemps. Leur importance est variable, entre 3 et 5 000 tonnes. L’arrivée de l’azalai à Tombouctou donne lieu à l’organisation d’une grande fête.

On pourrait aussi bien évoquer d’autres sebkhas comme celles d’Idjil, de Tenioulig ou de N’Teret et bien d’autres encore. Les unes font rêver les " voyageurs en chambre ", les autres s’offrent comme autant de mirages aux investisseurs. En dépit des promesses de subventions, bien de projets ont tourné court. Et leur exploitation se poursuit en faisant appel à des techniques rudimentaires, sans que soit ménagée la peine des hommes qui arrachent les plaques de sel à la terre.

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