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ORIGINE DU SEL

Il est généralement admis que la planète " Terre " est formée d’une écorce rocheuse (lithosphère) séparée d’un noyau central par une épaisse zone intermédiaire appelée manteau. Les gisements minéraux accessibles à l’homme se trouvent dans la lithosphère. Et parmi les éléments lithophiles figurent sodium et chlorure. Les gisements de sel gemme (halite), en beaucoup de régions facilement exploitables grâce aux techniques minières, offrent à l’homme et à diverses espèces animales le chlorure de sodium dont ils ont besoin.

Ces gisements correspondent à d’anciennes mers géologiques, à de vastes lagunes, où le sel et d’autres substances ont subsisté après évaporation de l’eau, d’où leur dénomination : évaporites. On désigne ainsi différents sels solubles obtenus par évaporation, aujourd’hui encore, dans certaines lagunes en bordure de la mer (marais salants) ou dans les lacs des régions désertiques (sebkha). Les principaux de ces sels sont :

  • le gypse,

  • l’anhydrite,

  • le sel gemme ou halite,

  • la sylvinite,

  • la carnallite.

Les couches de gypse ou de sel gemme sont souvent monominérales pour d’importants volumes. La sylvinite est un mélange de chlorure de sodium et de chlorure de potassium. Sodium et potassium sont les plus usuels et les plus fréquents parmi les éléments alcalins présents dans les roches de la lithosphère.

Le sodium se trouve essentiellement dans les roches sédimentaires. Soluble, il est facilement entraîné par les eaux et s’accumule dans les mers. Il se concentre très fortement dans les étangs lagunaires sous l’action du soleil et du vent et cristallise. Le sel récolté dans les marais salants est l’équivalent du sel gemme obtenu après évaporation des mers fossiles.

Les formations salifères prennent naissance au fond de bassins d’évaporation naturels où s’accumulent des solutions atteignant une concentration élevée. Selon les conditions de leur évaporation, elle finit par atteindre la valeur correspondant à la saturation du sel le moins soluble. Les différents sels se déposent. C’est à ce phénomène que se réfère la théorie de la barre dite d’Ochsenius, un savant suédois. Elle est sujette à discussion, de même que la théorie de Dupéret dite glacio-eustatique (eustatique : relatif aux variations du niveau de la mer). On explique les changements de lignes de rivage au Quaternaire par la rétention d’une partie de l’eau au cours des phases de glaciation. A moins qu’ils ne tiennent à un soulèvement des franges côtières...

Suit un aperçu de ce qui s’est passé depuis la formation de la croûte terrestre, il y a 4500 millions d’années... tant il est vrai que l’histoire du monde comporte une trame géologique assez prégnante quant au sel. Aux avances des eaux marines par rapport aux terres on donne le nom de transgressions, à leurs reculs celui de régressions. La succession des transgressions et des régressions au cours des temps fossilifères a-t-elle amorcé la migration des évaporites, certaines mers jouant le rôle de vastes marais salants ? Il faut attendre le Cambrien inférieur pour y répondre. Des lagunes salines semblables à celles qui existent encore en Australie se sont formées. Des gîtes de sel, témoins de ce phénomène, se rencontrent en Asie. Il y a 400 millions d’années, de vastes bassins d’évaporation s’installent en Amérique du Nord (bassin de Salina) et en Sibérie. Vers la fin du Dévonien, la salinité de la mer reste normale à l’est de la plate-forme russe. L’ouest est soumis à une phase d’aridité, d’où dépôt d’évaporites.

Le Trias est le grand âge du sel. Les mers lagunaires ont laissé d’importants gîtes de sel en Europe, en Chine, en Amérique du Nord et en Afrique. Au Muschelkalk correspond une transgression de la mer du Nord sur les deltas, donnant carrière à une vaste étendue d’eau salée. Elle pénètre dans l’aire depuis longtemps aride de la Méditerranée occidentale. A la fin du Trias, vers 190 millions d’années, le climat redevient sec. La mer germanique s’évapore de nouveau. C’est à son emplacement que se trouvent les gîtes salifères du Keuper, notamment ceux qui sont exploités en Lorraine. Au Crétacé moyen, 114-85 millions d’années, une nouvelle transgression empiète largement sur le continent africain, recouvrant les zones basses du Sahara d’une mince couche d’eau.

La salinité des mers dites fermées comme la Méditerranée ne tient pas seulement à leur faible surface par rapport à la longueur des côtes environnantes mais encore à la présence de dômes qui remontent progressivement au point de crever la couche sédimentaire et de se dissoudre peu à peu. Ils sont faciles à repérer grâce aux techniques de sismique-réflexion étant acoustiquement inertes. Le sel est extrêmement plastique. Déposé sur une structure semi-continentale, qui s’est effondré ultérieurement, le sel découvert dans la zone axiale de la Méditerranée occidentale peut ouvrir des perspectives économiques intéressantes quand on sait qu’il est souvent un piège à hydrocarbures.


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