Histoires de sel

Âges du bronze et du fer

Une activité en plein essor

De l’âge du bronze (- 2 200 à – 800 avant notre ère) à l’âge du fer (de – 800 à la conquête romaine), la production de sel se développe considérablement et, avec elle, un commerce fait de réseaux d’échanges d’objets, organisés parfois sur de très longues distances. Les sources et gisements de sel jouent un rôle économique et social majeur. Le sel devient un symbole de richesse pour les sociétés qui le produisent et en contrôlent l’exploitation.

La civilisation de Hallstatt
A partir du VIIe siècle avant notre ère, les mines de sel de Hallsatt, dans les Alpes autrichiennes, donnent naissance à une société celte, riche et hiérarchisée, qui a donné son nom au premier âge du fer.

Une explosion des échanges

Dès l’âge du bronze, plusieurs axes commerciaux coexistent : l’Atlantique (de la péninsule ibérique aux îles britanniques), le Rhône et le Danube, la Méditerranée. À l’âge du fer, avec le développement de la civilisation celte du Hallstatt, des échanges avec d’autres civilisations s’intensifient : Phénicie, Grèce, Rome.

Du jambon gaulois sur les tables romaines

L’industrie alimentaire liée au sel se développe : le sel est utilisé pour saler viandes et poissons, pour assaisonner les mets mais aussi pour fabriquer des conserves dans de grands saloirs en terre cuite qui voyagent dans toute l’Europe, comme ces jambons gaulois, fort réputés, exportés jusqu’en Italie.

Où exploite-t-on le sel ?

De nombreux sites d’exploitation, en Europe et dans le monde, témoignent du dynamisme de la production de sel de cette époque.
En France, on exploite les sources salées par briquetage, en Lorraine, dans la vallée de la Seille (Moselle), dans l’Yonne, à Fontaines salées ou, dans le sud-ouest, à Salies-de-Béarn (Pyrénées-Atlantiques) ou à Salies-du-Salat (Haute-Garonne). Sur le littoral languedocien, comme à Ensérune (Hérault), les étangs salés et poissonneux permettent l’essor de l’industrie du sel et des salaisons. Les archéologues ont également découvert de nombreux sites de production sur le littoral atlantique, comme, par exemple, les ateliers de sauniers de Sorrus (Pas-de-Calais) ou les sites des bouilleurs de sel de Landrellec et Enez Vihan (Côtes-d’Armor). C’est toute la façade atlantique de l’Aquitaine à la Belgique en passant par l’Angleterre qui connaît le briquetage de sel marin.

Le site de Marsal

Du VIIe siècle avant notre ère à la conquête romaine, Marsal fut exploité de manière quasi industrielle et fournissait en sel le Bassin parisien, la Rhénanie, la Bourgogne et la Franche-Comté. On estime que les ateliers s’étendaient sur 11 km et employaient plusieurs milliers d’habitants du secteur. Durant cette période, entre 3,5 et 4 millions de m3 de sel ont été extraits.

 Les premiers marais salants

Le sel semble avoir joué un rôle dans les premiers développements de Rome. Les textes latins attribuent la création des premières salines à Ancus Marcius (IVe siècle avant notre ère) qui s’empara du littoral et créa Ostie où l’on aménagea des salines qui fournissaient les bergers de l’arrière-pays par la Via Salaria.
Vers 200 avant notre ère, des marais salants semblent coexister avec des ateliers de briquetage dans les régions d’Ostende et de Zeebrugge.
En Vendée, le site de Nalliers présente peut-être une forme de prototype de marais salants. En effet, il n’est pas impossible que les vasières installées dans le but de produire des argiles salées soient en réalité des dispositifs évaporatoires saisonniers liés au mouvement des marées.

En Chine

Zhongba, dans le secteur du barrage des Trois-Gorges, sur le fleuve Yangtsé, fut un site d’exploitation du sel par briquetage de la fin du néolithique à l’âge du fer (2 500 à 200 avant notre ère). Au cours de la dynastie Han, le mode de production connut une évolution, remplaçant le briquetage par des « fours dragons » pour bouillir le sel.
Plusieurs sites d’ateliers de production de sel datant de l’âge du bronze ont été fouillés dans la baie de Laizhou, sur le fleuve Jaune.

Références :

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