Histoires de sel

Epoque contemporaine

Il était autrefois le sel. Transport vers le gerbage. © Salins

Il était autrefois le sel. Transport vers le gerbage. © Salins

 

La fin de la gabelle

La gabelle, impôt injuste et symbole de l’Ancien Régime, est une des causes de la Révolution française. Elle est abolie par la Constituante en 1790. Napoléon Ier rétablit un impôt sur le sel en 1806. La taxe sur le sel subsistera jusqu’après la seconde guerre mondiale où elle est définitivement supprimée en 1946.

La révolution industrielle

La révolution industrielle et le développement des transports (chemins de fer et canaux) favorisent l’exploitation des gisements de sel continentaux. La production change d’échelle avec la découverte de la chimie du sel (soude, chlore). Une filière industrielle voit le jour.

Les procédés Leblanc et Solvay

En 1789, le chimiste français Nicolas Leblanc met au point un procédé permettant d’obtenir du carbonate de sodium à partir de sel marin et d’acide sulfurique (qu’on appelle alors vitriol). Malheureusement, le procédé produit des vapeurs caustiques qui brûlent les poumons des ouvriers. En 1863, le chimiste belge Ernest Solvay invente un nouveau procédé de synthèse de carbonate de sodium par l’ammoniac, à partir de sel et de craie. Plus rentable et moins polluant, le procédé Solvay supplante rapidement son concurrent et est toujours utilisé de nos jours.

Le perfectionnement des techniques minières

Aux XIXe et XXe siècles, les techniques d’explorations géologiques et minières s’améliorent, le recours aux sondages pour extraire le sel de gisements profonds devient systématique, permettant de mieux connaître l’étendue des gisements de sel gemme. Dans le même temps, les techniques d’exploitation évoluent avec l’amélioration de la technique dite « des chambres et piliers abandonnés ». Cette technique est toujours utilisée à Varangéville (Meurthe-et-Moselle) qui produit aujourd’hui la totalité du sel gemme par technique minière en France.

La redécouverte du sel en Lorraine

Si l’or blanc fut exploité en Lorraine depuis l’âge du bronze, il faut attendre 1819 pour que soit mise en évidence la présence d’une veine salifère très importante à très faible profondeur dans la région de Nancy. A partir de 1850, de nombreux sondages furent entrepris dans la vallée de la Meurthe autour de deux nouveaux axes de communication : le canal de la Marne au Rhin et la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg, ouvrant une nouvelle ère industrielle d’exploitation du sel.

 

La Marche du sel de Gandhi

Comme en France au XVIIIe siècle, la taxe sur le sel imposée par les Britanniques révolte les Indiens qui ont interdiction d’en récolter eux-mêmes. En 1930, Gandhi entame la « marche du sel », un long périple pacifique vers l’océan indien, où le rejoindront des milliers de sympathisants. Il recueille l’eau salée et, par ce geste symbolique, il ouvre la voie vers l’indépendance de l’Inde, en encourageant ses compatriotes à la désobéissance civile contre le monopole d’État.

L’essor des marais salants de Camargue

Le développement de l’industrie chimique transforme profondément l’exploitation des marais salants de Camargue. La production de sel, jusqu’alors artisanale, devient industrielle. À la fin du XIXe siècle, plusieurs innovations techniques apparaissent : les systèmes d’élévation de l’eau se perfectionnent grâce aux machines à vapeur. Les tables salantes se multiplient et la productivité augmente mais la récolte reste manuelle. D’autres améliorations suivront (battage mécanique, wagonnets et tapis transporteurs…). Peu à peu, l’exploitation du sel se perfectionne pour devenir, vers 1950, quasiment entièrement mécanisée.

Références :

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